Le biogaz en France a progressé de façon constante d'année en année avec un cadre règlementaire évoluant, une offre croissante et adaptive (incluant l'arrivée de nouvelles solutions nationales technologiques et de services) et une sensibilité et un intérêt croissants pour utiliser des ressources encore sous-exploitées pour la méthanisation.
Cliquez ci-contre sur l'"Atlas Biogaz 2019" de Bioénergie International, pour un apperçu des différentes installations en France.

 

Le biogaz est un gaz combustible, composé essentiellement (60%) de méthane (CH4) et de gaz carbonique (CO2), provenant de la décomposition de matières organiques, en l'absence d'oxygène. Ce procédé est appelé méthanisation.

Le biogaz peut être produit à l'aide de digesteurs (méthaniser) ou être directement capté dans le centre d'enfouissement technique (CET). Toutes les matières organiques peuvent être transformées en biogaz, cependant tous les substrats n'ont pas le même potentiel méthanogène. Les lisiers, les déchets agricoles et les cultures énergétiques peuvent être méthanisés dans des petites unités de biogaz à la ferme ou dans des unités collectives qui traitent différents types de déchets associés à une part importante de lisiers. Les effluents peuvent être méthanisés au sein des stations d'épuration. Les déchets verts et les déchets municipaux solides peuvent également être transformés en biogaz dans des unités de méthanisation de déchets solides.

La méthanisation permet aux agriculteurs, notamment les éleveurs, de remplacer leurs engrais chimiques par le produit issu du méthaniseur, contribuant ainsi également à résoudre les problématiques de stockage et traitement des déchets.

Le biogaz produit peut être valorisé sous plusieurs formes:

  1. Chaleur : La combustion du gaz dans une chaudière.
  2. En co-génération d'électricité et de chaleur : le biogaz utilisé comme un combustible dans un moteur qui va entraîner un alternateur et produire du courant. Le courant peut d'abord être utilisé en auto-consommation sur les lieux (autonomie) et ensuite vendu à l'extérieur (obligation d'achat de l'électricité produite à partir de sources renouvelables). La chaleur dégagée par le moteur est récupérée et peut être valorisée pour le chauffage de logements, des besoins industriels ou bien pour la production d'eau chaude sanitaire.
  3. Gaz de réseau : l'injection de biogaz (épuré pour atteindre la norme du gaz naturel - 97 % de méthane) dans le réseau gaz naturel ou dans un réseau décentralisé.
  4. Carburant pour véhicules.

La méthanisation dispose d'un potentiel économique et industriel important en France, notamment pour les agriculteurs, du fait d'un gisement abondant, et d'un nombre d'installations encore modeste en comparaison du potentiel.

Chiffres par types de projets

La typologie des projets de méthanisation est variée, du fait de l'éventail large de types de déchets pouvant alimenter le processus de digestion anaérobie. Les installations de méthanisation agricole peuvent être scindées en deux catégories :
- des projets centralisés, multi-acteurs et de territoire, associant traitement de déjections animales, de déchets de collectivités et d’industrie.
- des projets portés par des éleveurs, associant déjections animales (généralement lisier), co-substrats extérieurs à l’exploitation (collectivités et/ou industriels), résidus de culture et cultures énergétiques en complément.
Mi 2018, on comptait 305 unités de méthanisation agricole, et 43 unités de méthanisation territoriale.

Mais le biogaz ne s'arrête pas au monde agricole, et mi 2018 on recensait également : 150 installations de biogaz fonctionnant sur l'exploitation des décharges, 15 sur les ordures ménagères, 73 sur des installations de traitement des eaux usées urbaines et 104 sur des installations de traitement des eaux usées industrielles et agro-industrielles. Le traitement des eaux usées est notamment porteur : la moitié du potentiel reste à exploiter, soit environ 1TWh/an…

sources: ATEE 2018, RISPO 2016

Chiffres pour la valorisation

Fin juin 2019, 708 installations produisent de l’électricité à partir de biogaz, correspondant à une puissance totale installée de 470 MW. Le nombre de projets en file d’attente s’élève à 266, pour une puissance de 77 MW.

Fin mars 2019, la capacité d'injection de biométhane installée était de 1,36 TWh/an (+12% par rapport à fin 2018) répartie sur 88 sites, l'objectif de la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE) de janvier 2019 étant de 6 TWh/an en 2023 et de 14 à 22 TWh/an en 2028. La file d'attente cumulée représente 16,15 TWh/an à fin mars 2019.

source: Ministère Dévelopement Durable 2019, Club Biogaz ATEE 2019, PPE 2019

Les régions Pays de la Loire et Bretagne sont les premières régions d’élevage en France (la moitié du cheptel bovin et porcin s'y trouve), avec une forte présence des industries agro-alimentaires (1/3 de l'industrie française en chiffre d'affaire et effectifs). Elles ont donc un fort potentiel de développement de la méthanisation. Les gisements des matières méthanogènes sont importants : une cinquantaine de millions de tonnes pour les effluents d’élevage, près de 2 millions pour les déchets agroalimentaires et 2 pour les déchets de collectivités et services.
sources: SINOE, AGRESTE 2016

Afin de coordonner le développement de la méthanisation sur ces deux régions, un programme d'accompagnement a été mis en place depuis 2007 : le plan biogaz. Soutenu par l'ADEME, les Régions, et animé par l'association AILE, le plan biogaz vise l'émergence d'une filière performante et compétitive sur le plan européen.

La Bretagne et les Pays de la Loire sont les deux régions les plus dynamiques au regard du nombre d'installations. Plus de 136 unités agricoles et territoriales étaient en fonctionnement dans ces deux régions au 1er janvier 2019.
source: AILE 2019